Des fouilles archéologiques menées au monastère de Santa Maria de Pedralbes, à Barcelone, ont permis d'analyser huit tombes datant du XIVe siècle, jusque-là supposées non ouvertes, révélant ainsi des rituels funéraires médiévaux mystérieux. Cette recherche, réalisée à l'occasion du 700e anniversaire de la fondation du monastère, revêt une importance considérable car elle met pour la première fois en lumière de manière exhaustive les restes de 25 individus, dont ceux de la reine Elisenda de Montcada, figure emblématique de l'histoire de Catalogne, ainsi que des pratiques funéraires atypiques de l'époque.
Le mystère des tombes censées rester intactes
Les chercheurs pensaient que les tombes datant de la période initiale du monastère avaient été conservées hermétiquement fermées pendant des siècles ; cependant, les analyses effectuées ont révélé qu'elles avaient été réouvertes à plusieurs reprises au fil du temps [1]. Parmi les tombes étudiées figurent le cercueil en bois de la reine Elisenda, fondatrice du monastère, celui de deux abbesses et le corps momifié d'une femme décédée enceinte [1]. L'existence, dans une même tombe, de restes osseux appartenant à au moins neuf individus, témoigne d'un passé bien plus dynamique que ce qui était supposé.
Les adieux par des fleurs et des plantes aromatiques
Les analyses archéobotaniques ont mis en évidence des détails saisissants concernant les cérémonies funéraires du Moyen Âge. Les vestiges végétaux retrouvés dans les tombes indiquent une utilisation intense de fleurs et de plantes aromatiques lors des rites funéraires [3]. Les spécialistes estiment que ces plantes servaient à la fois de composantes rituelles religieuses et de moyens pour masquer les odeurs lors des funérailles. Par ailleurs, la majorité des squelettes découverts dans les tombes appartenaient à des femmes, tandis qu'une partie provenait d'enfants et d'adolescents [3].
Une découverte éclairant l'histoire de Catalogne
L'ouverture de la tombe de la reine Elisenda, épouse du roi Jacques II et fondatrice du monastère en 1326, est considérée comme l'événement le plus passionnant en matière d'histoire locale [2]. Ce tombeau monumental, conçu en double sens — une face orientée vers l'intérieur du monastère, l'autre vers la cour extérieure — symbolise à la fois le pouvoir spirituel et temporel de la reine [2]. Les chercheurs prévoient que les découvertes réalisées élargiront non seulement notre connaissance de la vie de la famille royale, mais aussi de la médecine, de l'alimentation et de la hiérarchie sociale à Barcelone au XIVe siècle.
Références et lecture complémentaire
- [1] Medieval Remains Found At 14th-Century Monastery In Barcelona
- [2] Secret Graves of Pedralbes: Queen Elisenda’s Remains Found in Spain | Ancient Origins
- [3] Queen Elisenda's tomb among key discoveries in Pedralbes Investigation
Image & source de l'article : Sciences et Avenir - Archeo Paleo / sciencesetavenir.fr