Le « meurtre » des Médicis élucidé : un ADN vieux de 400 ans révèle la vérité

Auteur:

En Toscane, l’analyse d’ADN ancien du grand-duc Francesco de' Medici, mort en 1587 dans des circonstances suspectes, montre qu’il n’a pas été empoisonné mais emporté par le paludisme.

Le « meurtre » des Médicis élucidé : un ADN vieux de 400 ans révèle la vérité
Crédit image: Sciencealert

La cause de la mort du grand-duc de Toscane Francesco de' Medici, décédé soudainement en 1587 dans la région de Toscane en Italie et longtemps soupçonné d’avoir été empoisonné, a enfin été éclaircie grâce à l’analyse d’ADN ancien prélevé sur ses ossements [1]. Les chercheurs ont identifié, dans le squelette du duc, deux espèces distinctes de parasites du genre Plasmodium, transmises par les moustiques et responsables du paludisme. Cette découverte est jugée capitale, à la fois parce qu’elle écarte l’hypothèse d’un assassinat et parce qu’elle apporte de nouvelles données sur l’histoire évolutive de cet agent pathogène.

La fin de siècles de soupçons

Selon les sources historiques de l’époque, la mort soudaine de Francesco de' Medici et de son épouse Bianca Cappello, à un jour d’intervalle, avait fait du cardinal Ferdinando de' Medici, frère du duc et son rival politique, le principal suspect. Mais l’étude conjointe menée par des spécialistes de l’université Yale et de l’université de Pise montre que le couple séjournait alors dans la villa familiale de Poggio, à proximité de rizières inondées où les moustiques étaient particulièrement nombreux, et qu’il présentait une forte fièvre compatible avec un accès palustre. Les analyses génétiques réalisées réfutent entièrement la thèse de l’empoisonnement et confirment que la cause du décès était le paludisme.

Cartographier l’évolution du paludisme

Les travaux ne se contentent pas de résoudre une énigme historique. Ils ont également mis au jour une lignée jusqu’ici inconnue de Plasmodium falciparum, l’agent du paludisme le plus létal pour l’être humain. Les scientifiques indiquent que les mutations spécifiques observées dans cette nouvelle lignée ont pu faciliter la diffusion du parasite vers de nouvelles régions géographiques. Les études d’ADN ancien offrent ainsi une véritable fenêtre sur le passé, permettant de comprendre comment les communautés historiques ont été affectées par cette maladie et de quelle manière les agents pathogènes se sont adaptés au fil du temps. Pour approfondir ce contexte, d’autres ressources et pistes de lecture sont proposées ici [2] [3].

Sources et lectures complémentaires

Source image et information : Sciencealert / sciencealert.com