Pour déchiffrer les papyrus carbonisés du Vésuve, des scientifiques ont brûlé leurs propres parchemins

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Des scientifiques ont développé une méthode novatrice pour lire des papyrus d'Herculanum vieux de 2 000 ans, carbonisés par les cendres du Vésuve, sans les ouvrir.

Pour déchiffrer les papyrus carbonisés du Vésuve, des scientifiques ont brûlé leurs propres parchemins
Crédit image: Phys.org - Archaeology & Fossils

Des chercheurs de l'Université de Californie à Berkeley (États-Unis) ont mis au point une méthode singulière pour lire sans les endommager des papyrus d'Herculanum vieux de 2 000 ans, carbonisés lors de l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C. L'équipe, dirigée par l'inventeur retraité Douglas Seiler, a créé des parchemins modernes imitant les propriétés physiques des rouleaux antiques, puis les a carbonisés en laboratoire. Cette étude est considérée comme une étape cruciale pour permettre la lecture numérique des textes philosophiques et littéraires perdus de l'ancienne bibliothèque, dont l'ouverture est impossible.

Une expérience antique avec des répliques de Star Wars

Dans le cadre de cette recherche, des papyrus traditionnels et des calames provenant d'Égypte, ainsi que de l'encre de Chine traditionnelle du Japon, ont été utilisés [1]. Seiler a demandé à des lycéens d'écrire sur ces papyrus des répliques de Star Wars, des passages de la Bible et des citations de séries de science-fiction des années 1960 [3]. Ces rouleaux modernes ont ensuite été chauffés à haute température dans un four en acier sous atmosphère inerte, les carbonisant de la même manière que les papyrus antiques d'Herculanum [4].

Le secret du plomb dans l'encre

Pour pouvoir détecter les écritures à l'intérieur des rouleaux carbonisés par tomographie aux rayons X, les scientifiques ont ajouté du nitrate de plomb à l'encre en différentes proportions [2]. L'étude, publiée dans la revue PLOS One, a démontré que les traces de plomb de l'encre pouvaient être clairement distinguées lors des scans, même lorsque le parchemin était carbonisé [2]. Les chercheurs estiment que cette méthode offre un modèle de test idéal pour améliorer les technologies de déchiffrement et de lecture numériques des rouleaux antiques [5]. Il est ainsi envisagé que d'autres sections de l'ancienne bibliothèque, enfouies sous les cendres du Vésuve, dont la lecture est difficile, puissent être révélées [6].